Centre de travail pour handicapés des Cévennes , un Saint ambroisien témoigne

Centre de travail pour handicapés des Cévennes , un Saint ambroisien témoigne

16/02/2022

Après les maisons de retraites privées, le scandale des ESAT, Établissement et service d’aide par le travail ? La thèse de Thibaut Petit qui publie  un livre au titre évocateur : Handicap à vendre. 

Une enquête de 6 ans dans divers ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) dont un en Cévennes, l’ESAT les gardons à Salindres.

Il y a recueilli le témoignage de Sébastien qui y accueilli et vit à Saint-Ambroix dans le Gard.

Selon l’auteur, les ex-CAT communiquent beaucoup « mais derrière le discours aseptisé, un management sans état d’âme » même si certains, reconnait Thibault Petit, « bricoleurs de l’humain, tente d’améliorer la situation« .

Sébastien, 35 ans, est usager depuis 2014, on ne dit pas salarié dans un ESAT.

Un solide gaillard qui fabrique des pièces électriques pour une entreprise d’Alès.

Il est arrêt de maladie pour un syndrome dépressif depuis un accrochage avec sa monitrice.

Des propos « irrespectueux » dit-on « un dégage » reconnaît-il sur un coup de sang alors que l’exigence de productivité sans cesse augmenté : « Ils viennent nous chercher dans la salle de repos quand on est en retard, a passé 35 ans comme si on n’était encore à l’école, il n’y a que la rentabilité qui compte pour eux« .

Ils sont 12.000 en France comme Sébastien a travailler sans relever du code du travail, « ils sont payés à la moitié du Smic » précise Thibault Petit, « qui s’en soucie ?  » et d’ajouter cette phrase qui illustre la couverture de son livre « resteriez-vous sept heures à trier des vis ? Eux, oui ! ».

Robin, le frère de Sébastien de deux ans moins âgé , est aussi un usager de l’Esat Cévenol : « il est détaché en dehors de l’établissement dans une entreprise de cartonnage, il n’a plus mes problèmes« .

La famille à la tradition ouvrière chevillée au corps qui pèse peu face à l’institution : il n’y a pas de syndicat, de prud’homme, de code du travail, ils se paient des salariés à bas coût ».

Sébastien qui ne se sent pas bien dans son établissement tente de postuler ailleurs.

« Mais – explique Richard – sur le CV nous avons mentionné son handicap (épilepsie stabilisée) et toute les portes se ferment« . 

Contactée l’Unapei 30 auquel appartient l’Esat les gardons – qui ne fait pas l’objet de l’entièreté du livre – n’a pas voulu commenter.

« Sébastien est bien seul au milieu d’handicapé qui râle en silence » dit Richard. Sans emploi ailleurs,  « il faudra bien qu’il reprenne le travail avec le sentiment que rien ne va changer« .

Richard est le papa de Sébastien.

Source :
Ludovic Labastrou
France Bleu Gard Lozère

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Mahfiche

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